Mattéo Beaujanot : l’histoire s’écrit au féminin

On peut tous et toutes faire quelque chose à son échelle. C’est ce que s’est dit Mattéo, 18 ans et étudiant en droit en créant Basket’her. Il est également rédacteur pour Basket’Fly, le site d’informations dédié au basket féminin en Auvergne Rhône-Alpes. Si la ligne éditoriale diffère totalement de celle d’Or-jeu, retrouvez au cœur de ce projet, l’envie de faire briller une passion à travers sa médiatisation. Parce que oui, l’histoire s’écrit au féminin !

Salut Matteo, déjà merci et ravie de voir qu’il y a d’autres jeunes passionnés de basket féminin. C’est toujours un plaisir de faire briller l’autre sur ou en dehors d’un terrain… alors allons-y, parlons médiatisation et basket féminin. J‘ai vu que tu avais créé un média sur le basket féminin, qu’est-ce que tu souhaites apporter de nouveau ?

Le but de Basket’Her est de promouvoir, à mon échelle, le basket féminin français par la rédaction d’articles, et peut être un jour, par la réalisation de vidéos portant sur les équipes LFB. Ainsi, le projet vise à présenter les équipes LFB sous différents angles : l’identité du club, son histoire ainsi que son centre de formation. Sur cette base, je réalise d’autres articles toujours en lien avec le basket féminin, mais qui peuvent s’éloigner de la ligne éditoriale principale à l’image de la réalisation d’interviews ou encore, comme actuellement, de reviews sur les équipes LFB.

Quel public comptes-tu cibler ?

J’aspire à attirer de nouvelles personnes à s’intéresser au basket féminin, toujours dans ce but de participer à son développement. C’est la raison pour laquelle les articles disponibles sur le site sont orientés vers de l’information sur le basket, son passé, et pas forcément sur l’actualité afin de permettre aux nouveaux lecteurs d’apprendre sur ce magnifique sport.

Bien sûr, il est aussi ouvert à tous, que ce soient les passionnés, mais aussi les joueuses/joueurs, les coachs et quiconque qui s’intéressant au basket féminin français.

Pourquoi le basket féminin ? Par conviction ou parce qu’il y a plus de place que dans le basket masculin ?

Depuis l’âge de 3 ans, le basket est une réelle passion pour moi, et c’est même devenu par la suite un élément central dans ma vie. Que ce soit la LFB, la WNBA ou encore la Jeep Elite et la NBA, je suis un grand passionné du monde du ballon rond. J’apprécie énormément le basket féminin pour son utilisation des fondamentaux. Le jeu féminin est en parti basé par la technique, l’intelligence ou encore l’exécution rythmée des tactiques par les joueuses sur le parquet. Un style de jeu que j’apprécie particulièrement.

Lors de la Coupe du Monde de football féminin en France, il y a un an, j’ai été agréablement surpris de voir la visibilité, mais aussi l’engouement qu’il y avait autour de cette compétition. J’ai ainsi imaginé ce que pouvait donner un intérêt similaire pour le basket féminin français, et j’ai adoré cette vision. J’ai donc commencé à réfléchir à comment je pouvais participer au développement du basket féminin, et par conséquent à sa médiatisation. Je voulais trouver une idée originale, afin d’apporter quelque chose de différent, un savoir autour du basket féminin. C’est de cette manière qu’est né Basket’Her.

Comment expliques-tu que le basket féminin est le premier sport collectif féminin en terme de licenciées et ne bénéficie que de peu de visibilité ?

Selon moi, cela est peut-être dû au jeu. Lorsque l’on compare le basket masculin au basket féminin, le premier est d’autant plus orienté vers un jeu spectaculaire à l’image d’actions comme les dunk, les alley-oop etc. Tandis que le jeu féminin sera plus technique, et basé d’avantage sur les fondamentaux du basket. Pour une personne qui ne suit pas ce sport, son intérêt se dirigera plus vers des actions hallucinantes, que vers un jeu tactique et technique. Ainsi, les médias et les chaînes télévisées, pour la plupart, vont diffuser et partager du contenu qui intéresse les personnes.

De plus, la France fait partie de ces pays où le football est très présent, donc les actualités sportives vont plus se tourner vers le football, laissant moins de place aux autres sports dont le basket, et d’autant plus le basket féminin à mon sens.

Enfin, le basket est l’un des sports aux nombreuses règles, le rendant pas facile d’accès pour les personnes qui n’ont jamais regardé cette discipline par le passé. Les personnes vont donc, d’un premier abord, moins se diriger vers le basket féminin.

Penses-tu que victoire rime avec médiatisation ? Et pourquoi ?

À l’heure actuelle, malheureusement oui. Je pars du principe que la victoire n’est pas l’élément le plus important dans un match, que ce dernier peut être médiatisé pour, par l’exemple, l’adversité et la hargne des deux équipes. Cependant, concernant le basket féminin, seule la victoire,  dans la majorité des cas, semble permettre une visibilité sur les plateformes médiatiques. Je dirais même que, la victoire en elle-même ne compte parfois même plus. Cette dernière va dépendre du contexte et de l’histoire qu’il y a derrière.

Penses-tu participer à la médiatisation du basket féminin à travers Basket’Her ?

C’est le but que je me suis fixé avec ce média en tous cas. Pour le moment, Basket’Her est un site récent, par conséquent, j’ai peu d’influence sur le basket féminin, et mon impact sur la médiatisation de ce sport est inexistante. Cependant, je vais continuer à alimenter mon site pour qu’un jour je puisse participer à la visibilité du basket féminin français. Je tiens à préciser que je n’ai pas créé ce média dans le but de cumuler les abonnés. J’ai lancé Basket’Her par passion et par envie d’aider un sport que j’aime à prendre une place importante dans le paysage sportif français.

Quelles sont pour toi, les clés d’une meilleure visibilité ?

Je ne les détiens pas encore, mais je pense avoir des pistes, et celle qui me paraît essentielle, c’est le partage de l’information. C’est un phénomène que l’on voit très régulièrement sur les réseaux sociaux notamment, et c’est le principe même du contenu viral. À mon sens, le partage de l’information, et sa relégation par les fans est l’une des clés qui permet une grande visibilité. Mais cela fonctionne seulement grâce à un effort collectif et par l’aide de groupes médiatiques importants ou encore de comptes influants sur les réseaux. 

Questions décalées :

LFB ou WNBA ?

LFB sans hésitation. J’ai été bercé par le basket féminin étant jeune, et certains de mes idoles ont évolué au sein de la grande ligue française, à l’image de Céline Dumerc.

Basketfly ou Basket’her ?

Basket’Her est un projet qui me tient à cœur, et que j’ai envie de développer, mais je préfère aujourd’hui écrire pour Basket Fly. J’apprécie le fait de rédiger des articles sur le basket féminin de ma région, tout en participant à faire connaître ce sport dans la région Lyonnaise. De plus, je touche plus de monde sur Basket Fly, ce qui permet d’avoir des retours et de progresser, ce que je n’ai pas sur Basket’Her. 

Victoire ou visibilité ?

Une plus grande visibilité sera la victoire du basket féminin français.

Merci Mattéo pour cet échange sur le basket féminin. Bonne continuation dans tous tes projets. Et vous, de votre côté si l’actualité des clubs de LFB vous intéresse vous savez maintenant où vous rendre. La beauté c’est de faire vivre à sa manière sa passion du ballon rond… au féminin ! 

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