Le basket comme guérison : le cas d’Elia Fontaine

Il y a un an, un confinement total était proclamé en France suite à la crise sanitaire liée à la covid-19. En Belgique, au même moment, une jeune joueuse de basket de l’Union Huy, Elia Fontaine développe une forme grave du coronavirus. Nous sommes le 18 mars 2020 et le cauchemar commence pour Elia. Plongée dans le coma pendant trois semaines, elle devra finalement prendre une décision importante : effectuer une amputation tibiale suite à une infection. Aujourd’hui, nous avons décidé de mettre en valeur Elia, son amour pour le basket et son rôle dans sa guérison. Zoom sur une histoire pas comme les autres, où le basket est bien plus que du sport… Pour ne plus jamais être Or-jeu !

Quel rôle a joué le basket dans ta guérison ?

Le basket a joué un rôle très important dans ma guérison. Quand on m’a annoncé à mon réveil que durant mon coma, ils avaient dû m’amputer les orteils, j’étais en larmes. Et directement, j’ai pensé au basket ! Comment est-ce-que j’allais pouvoir jouer au basket sans orteils ? Pour moi, c’était mission impossible. Et puis on m’a rassuré en me disant qu’on faisait des prothèses incroyables de nos jours et qu’on trouverait une prothèse adaptée pour que je puisse reprendre mon sport.

Suite à de nombreuses discussions et complications, j’ai pris la décision de me faire amputer le pied (au niveau trans tibiale). À partir du moment où j’ai pris cette décision, je me suis fixée des objectifs : reprendre le basket et retrouver ma vie d’avant. C’était une évidence pour moi.

Est-ce que tu as pensé ne plus pouvoir jouer ?

Au début, oui… Et puis je me suis dit : « Elia reprends-toi… Si tu t’en donnes les moyens, tu vas y arriver ! Tu ne peux pas abandonner. » Et à partir de ce moment-là, chaque petit effort dans ma rééducation était important car il me menait vers mon objectif.

Est-ce réel : la passion est-elle plus forte que la maladie ?

Selon moi, la passion est en effet plus forte que la maladie ; car quand on aime réellement quelque chose, on ne veut pas l’abandonner. Dans mon cas, j’ai tout mis en œuvre pour pouvoir rejouer. Je joue au basket depuis que j’ai 4 ans, cela a pris une grande partie de ma vie. Et je ne suis pas encore prête à abandonner ce sport. Je veux montrer que c’est possible, que quand on veut, on peut !

Comment va se passer le retour au jeu pour toi ? As-tu une prothèse pour jouer ?

Oui, j’ai une prothèse spécifique pour le basket. Pour le moment, vu que le basket est à l’arrêt, je vais seulement courir. Je fais 15 km par semaine. Je progresse au niveau du souffle (étant donné que la covid-19 a touché mon cœur) petit à petit. Je ne boite plus donc ce n’est que du positif pour la reprise du basket.

De la Belgique à la France, le monde du basket féminin t’a soutenu. Quelle a été la plus grande émotion ? 

J’ai été énormément soutenue ! Ça m’a énormément touchée et motivée. J’ai eu la chance de rencontrer les Belgians Cats (l’équipe nationale Belge de basket féminin) qui m’ont énormément soutenue et encore à l’heure actuelle. Je parle beaucoup avec Marjorie Carpréaux, elle est un soutien énorme pour moi. J’ai reçu énormément de messages, de soutien de joueuses, clubs, etc. C’est une source de motivation car je sais que je ne suis pas seule dans cette épreuve.

Que représente pour toi le basket aujourd’hui ? As-tu envie de t’engager pour soutenir d’autres jeunes filles à ne pas lâcher ?

Le basket pour moi, c’est une grande famille. J’ai eu beaucoup de soutien et ça aide énormément. Il faut s’accrocher à ses rêves, tout est possible.

Bien sûr que oui, c’est important pour moi et j’espère pouvoir inspirer d’autres jeunes filles !

Un peu plus d’un an après le début de l’épidémie, nous voulions nous aussi contribuer à l’impact du basket dans la vie d’une joueuse. Elia est pour nous, un exemple mais aussi une source d’inspiration. Au-delà d’un fait de société, elle décide par elle même de ne plus être Or-jeu malgré des difficultés de santé rencontrées. Un parcours unique, rempli d’émotions où le basket agit comme moyen de guérison. De la France à la Belgique, l’amour du basket se vit, se ressent et se partage. Alors merci !

Restez connectés. Pour ne plus jamais être Or-jeu !

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