L’American dream dans le basket féminin

Il y a quelques semaines nous étions partis à la rencontre de Coline Franchelin afin de démontrer que concilier études et vie de sportive de haut niveau était possible, même en France. Outre-Atlantique, les États-Unis sont souvent pris en exemple pour l’organisation mise en place pour les sportifs. C’est pourquoi, en cette semaine de reprise du championnat NCAA 1, nous avons décidé de nous intéresser à Johanna Muzet et à son double projet : l’American dream dans le basket féminin.

Originaire de Lyon et notamment passée par le Pôle Espoirs du Lyonnais et le centre de formation du Lyon basket féminin, Johanna s’est vite exilée sur le continent américain. Pour sa cinquième et dernière année, elle a décidé de rejoindre l’équipe de Rhode Island. Un transfert qui n’impacte pas son niveau de jeu. En effet, son équipe évolue en NCAA D1, mais dans une autre conférence, l’Atlantic 10. Ce changement d’université s’explique par la volonté de Johanna d’accroître son impact dans le leadership défensif ainsi que dans le scoring. Après trois mois de préparation, la saison a commencé hier contre Providence, malheureusement par une défaite.

L’American dream dans le basket féminin existe t-il vraiment ?

Le sport est une institution aux États-Unis, te sens-tu « privilégiée » en tant que sportive française ? Quelles sont les différences majeures entre la France et les États-Unis ?

Je me sens privilégiée parce que j’ai accès à certaines choses que d’autres françaises non pas. Tout d’abord, la bourse est une véritable chance de pouvoir combiner études et basket. Il y a aussi le côté plus matériel avec des dotations sportives (tenues d’entrainements, survêtements, chaussures, brassières, sac de sport), mais aussi d’autres équipements matériels (MacBook, iPad, Airpods). Sur le plan financier, nous sommes privilégiées car nous avions de gros sponsors (Adidas pour Rhode Island) et l’université finance tout ; les voyages en avions, les nuits dans des hôtels 3 étoiles (Marriott), les buffets et snacks à volonté. Ils lavent même nos tenues après chaque match et entraînement. Les infrastructures et le campus permettent d’être dans les meilleures conditions pour être performantes.

Je dirais non pour le côté familial où j’ai fait beaucoup de sacrifices pour en arriver ici. Par exemple, je ne fête pas Noël avec ma famille et je ne rentre en France que deux mois par an. C’est aussi plus de travail, de pression et de responsabilités. Je dirais que les différences majeures restent les infrastructures (3 gymnases disponibles) et la salle de musculation ouverte 24/7, mais aussi le jeu axé sur le 1c1, la culture de la gagne, la confiance en soi des joueuses et le leadership.

Vous êtes 6 joueuses françaises au sein de ton équipe NCAA à Rhode Island. Comment expliques-tu cet engouement des joueuses tricolores pour les États-Unis ? Est-ce parce que vous ne nous trouvez pas ce que vous voulez en France ? Le niveau est-il meilleur ?

C’est le terme « American Dream » qui fait rêver beaucoup de joueuses. Il y a des retours positifs au niveau des revenantes et/ou des joueuses qui y sont encore actuellement. Les étrangères qui terminent leur cursus universitaire en NCAA ont de bonnes opportunités de contrat professionnel à leur sortie. C’est comme un championnat entre la L1 et la L2 dans une tranche d’âge entre 18 et 22 ans et où les jeunes joueuses peuvent être rapidement responsabilisées. Il faut aussi rajouter les infrastructures, la disponibilité des coachs, la bourse… Autant d’avantages qui poussent les basketteuses françaises à tenter l’aventure américaine.

Est-ce réellement « plus facile » de cumuler études et basket outre-Atlantique ? Comment se déroule une journée classique sur le campus ? Est-ce vraiment un objectif pour les joueuses de réussir dans le basket et professionnellement ?

Oui, tout est mis en place pour que la joueuse soit dans un confort. Tous les athlètes ont un emploi du temps aménagé. Le Bachelor aux États-Unis est sur 4 ans, ce qui nous permet de limiter le nombre d’heures de cours à deux ou trois par jour. Mon emploi du temps est assez unique cette année parce que je fais un Master en communication. Une journée typique : musculation ou conditioning de 7h à 8h, entraînement de 8h à 10h, entraînement individuel de 10h à 11h et un autre vers 14h, et enfin cours/études de 18h à 20h. C’est un objectif de réussir dans les deux car personne n’est jamais à l’abri d’une blessure et une carrière dans le basket ne dure pas éternellement.

Comment juges-tu l’intérêt du basket féminin en France par rapport aux États-Unis ?

Malgré les efforts de la Ligue de diffuser les matchs en direct sur YouTube et leur engagement sur les réseaux sociaux, le nombre de spectateurs est bien inférieur. Il y a plus de visibilité du côté des médias aux États-Unis, car le sport fait partie intégrante de leur culture ce qui est moins le cas chez nous.

Penses-tu que la culture de la sportive véhiculée par les États-Unis est un modèle à suivre pour les joueuses de basket ?

Oui, lorsqu’une sportive réussit dans le sport elle est souvent mise en avant. Il y a des efforts pour souligner la performance et non le physique. Leur carrière et le rôle de leader est important, de même dans les médias, pubs, sponsors/marques où les sportives sont davantage sollicitées pour être ambassadrices.

Questions décalées :

Jouer aux États-Unis ou en France ?

États-Unis (jusqu’à maintenant).

Euroleague ou WNBA ?

WNBA même si l’Euroleague est un objectif.

Vous en savez maintenant un peu plus sur l’American dream dans le basket féminin. Alors qu’en pensez-vous ? Aimeriez-vous que la culture américaine soit implantée en France ? Merci à Johanna pour cet échange au cœur du rêve américain.

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