Entre deux objectifs : Coline Franchelin

Vous vous souvenez, lors du premier article il y a maintenant bientôt 5 mois, je vous disais que l’ambition c’était d’être à la hauteur. Et si on se focalisait sur une double ambition ? Pouvons-nous réellement être à la hauteur dans tous les domaines ? Entre-deux objectifs, le basket et les études, nous sommes partis à la rencontre de Coline Franchelin.

Alors voilà, Coline évolue depuis deux saisons au Champagne Basket féminin. Auparavant, elle a suivi sa formation à Lyon au LDLC Asvel féminin. Elle joue au poste de meneuse (1), elle a 21 ans, porte le numéro 3 et vient d’être sélectionnée pour un stage de préparation avec l’équipe de France U23 de 3×3. Mais Coline, c’est aussi une jeune étudiante qui commence déjà sa quatrième année post-bac. En effet, après avoir validé sa licence Staps, elle s’est réorientée et est rentrée depuis cette année en école de kinésithérapie à Reims.

Entre basket et études, le rêve du possible, pour aujourd’hui comme pour demain. Du mythe à la réalité… Même en France !

Salut Coline, merci de prendre le temps d’évoquer avec nous tes deux objectifs avec Or-jeu. Il est souvent dit que lorsqu’on devient une joueuse professionnelle, les études passent forcément en second plan. Est-ce que tu pourrais sacrifier un des deux objectifs ? Si oui, lequel ?

Tant que je peux effectuer les deux simultanément je le fais. Mais je suis consciente que si je veux viser plus haut dans le basket je mettrai les études de côté pendant quelques temps.

Les Etats-Unis sont souvent pris comme exemple pour leur gestion des sportifs de haut-niveau, leur accès aux infrastructures ainsi qu’à la mise en place d’horaires aménagés dans l’enseignement supérieur. Comment juges-tu le cas de la France ?

Les États Unis devraient être un gros exemple pour le système français, c’est l’une des raisons du déploiement des étudiants sportifs français de l’autre côté de l’océan.

Est-ce réellement compliqué de pouvoir être étudiante et basketteuse professionnelle en France ?

En France, malgré certains efforts des écoles encore trop peu d’aménagements sont possibles pour les sportifs, et c’est malheureusement pour ça que certains jeunes arrêtent leurs études et disent souvent « les études ne sont pas compatibles avec mon sport ». Oui c’est compliqué, mais je pense que si tu as la motivation et l’envie d’arriver à tes objectifs tout est possible.

Qu’est-ce qui est mis en place pour toi ?

Après avoir obtenu ma licence STAPS management l’an dernier, j’ai intégré une école de Kiné à Reims et les aménagements sont tout autre qu’à la faculté comme :

– La possibilité de changer de groupe de TP/TD, selon mes horaires d’entraînements

– Le dédoublement des années d’études (cursus normal de 4 ans)

– Les aménagements d’horaires sur les périodes d’examen.

– La mise en place de tutorat si je loupe une grande partie des cours pour cause de stage.

Le choix du Champagne basket a-t-il été impacté dans le fait que tu puisses réaliser tes études ?

Absolument, c’était un de mes critères pour choisir un club professionnel à ma sortie de Lyon (centre de formation). J’étais en deuxième année de STAPS et il me restait un an pour valider ma licence. Reims possédait un STAPS, cela m’a fortement incité à signer dans ce club. Les objectifs du club ainsi que la vision du basket ont également influencé mon choix.

Au niveau social : est-ce important pour toi d’avoir une « vie normale » en allant en cours ?

Tout à fait je pense que sortir du monde du basket, voir d’autres personnes ça fait du bien.

Est-ce utopique pour une joueuse de vouloir réaliser ses études et préparer son après basket ?

Absolument pas et justement il faut l’encourager dans cette voie-là. Combien de sportifs réalisent trop tard que leur après-carrière c’est « demain » ? Et se retrouvent avec pas grand-chose dans « leur bagage » psychologiquement ça peut être dur…

Selon toi, quels sont les freins à la poursuite d’études après le BAC ?

Comme évoqué avant il faut deux aspects.

  1. Les aménagements c’est l’un des plus gros freins avec le système français.
  2. Mais aussi : la motivation, s’il n’y a pas de volonté derrière ça ne sert à rien.

Il y a beau avoir des aménagements sans volonté et motivation, le projet scolaire peut aller tout droit vers l’échec.

Connais-tu beaucoup de (jeunes) joueuses cumulant comme toi carrière sportive et formation ?

Oui, je pense à ma super copine Camille Droguet qui est à l’INSA à Lyon (Ecole d’ingénieur) et joueuse au BCTM (ligue 2) qui depuis toute petite concilie les études et le basket. On a vraiment la même vision et nous tenons une importance à ce double projet (basket-études).

Questions décalées :

Être dans un prestigieux club ou pouvoir cumuler études et basket ?

Prestigieux Club

Gagner un titre avec Reims ou finir major de promo ?

Gagner un titre avec Reims

Entre deux objectifs, Coline s’est livrée sur le sujet pour nous donner sa vision des choses, ses perspectives ainsi que son avis sur la possibilité de lier basket et études. Et vous, qu’en pensez-vous ? Qu’est-ce qu’il serait intéressant de mettre en place pour faciliter les deux pratiques ? Comment cumuler études et basket lorsqu’une joueuse joue dans une ville non universitaire ?

Enfin, si le cas de la France n’est pas un modèle pour exercer son sport et sa pratique sportive, nous partirons rapidement Outre-Atlantique pour comparer l’intérêt des basketteuses de haut niveau.

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1 Comment
  1. Ce qu’il faut c’esr fournir une formation qualifiante a ces jeunes et non pas tous a les envoyer au bac et leur faire crore a l’universite car tous ne pourront pas suivre. C’est fondamentalement le systeme se formation a revoir. .pour le developper l’adapter au marche du travail et proposer des parcours individuels de formation. Les USA sont un exemple, d’autres pays aussi la Finlande, l’allemagne…

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