Derrière les stéréotypes…

Derrière les stéréotypes du basket féminin se trouvent une femme…

Aujourd’hui, c’est un article un peu particulier que je vous présente. Il a été co-écrit avec ma sœur jumelle : Gaëlle Deborde. Si dans les précédentes semaines vous y retrouviez des réponses, celui-ci abordera des faits actuels et amènera des questionnements. Enfin et surtout, une prise de position forte sera manifestée tout au long de la rédaction. Vous pouvez bien entendu réagir positivement ou négativement mais s’il vous plaît, veillez à employer un vocabulaire respectueux. Bonne lecture avec Or-jeu !

« C’est comme le basket féminin, je veux bien que ce soit attractif mais pour voir une gonzesse dunker, faut se lever de bonne heure… » Pierre Mènes

« Quand le match a démarré, je me suis dit que j’avais peut-être payé mon abonnement pour rien, enfin pour pas-grand-chose, car ce n’était pas forcément NBA à mort » Pierre Ammiche

« Tu devrais jouer au basket, tu es grande »

« Les femmes jouent moins bien que les hommes »

« On dirait un homme, tu as vu ses bras »

« Mais tu es trop petite pour faire du basket »

« Le basket féminin n’est pas un sport de contacts »

« Le basket féminin c’est lent, pas spectaculaire »

« Les filles sont compliquées, elles ont toujours des problèmes de règles »

On continue ? On pourrait mais on va s’arrêter là !

À travers des médias, des émissions de télé ou encore des tweets de personnalités publiques, le basket féminin est stéréotypé. Pire, il est dénigré et pointé du doigt. Déjà que la sous-médiatisation du basket féminin ne fait qu’accentuer l’écart de jugement entre les hommes et les femmes, les préjugés envers les basketteuses contribuent grandement à sa dévalorisation.

Imaginez alors au quotidien tout ce qu’une femme, une joueuse peut entendre… Parce que faire face, c’est agir, c’est en parler, c’est oser défendre chacune pour un collectif… Oui pour ne plus être Or-jeu !

Alors pourquoi comparer ce qui est incomparable ?

Au cœur des stéréotypes et du basket féminin, le débat est lancé : d’un côté, il est reproché aux joueuses de ne pas être assez athlétiques. Pourtant, quand ces dernières le sont, elles sont considérées comme des garçons, trop musclées… Finalement, il y aura toujours quelque chose qui ne va pas. Pourquoi ? Parce que la femme est censée être inférieure quoi qu’elle fasse ? Et si, le temps d’un instant, il était plus simple d’apprécier le match, les joueuses et d’essayer de comprendre ce qui rend le basket féminin si beau et intéressant.

Parce que oui, le basket féminin c’est l’esthétique du jeu, l’élégance et l’intelligence au cœur de sa pratique. C’est un vrai art made in féminin. Et puis, la France brille à l’international, en jeunes et en équipe A…

Petit rappel des médailles de l’équipe de France A :

  • Vice-championne olympique : 2012
  • Championne d’Europe : 2001 et 2009
  • Vice-championne d’Europe : 1970, 1993, 1999, 2013, 2015, 2017, 2019
  • 3 ème place au championnat d’Europe : 2011

Derrière les stéréotypes se cachent de la volonté, du travail, des sacrifices, des performances. Pourquoi ? Parce que les femmes doivent faire face à des facteurs externes qui peuvent avoir des impacts forts sur la vie sportive comme sur la vie personnelle. Les règles par exemple, c’est bête ? Pas tant que ça, et pourtant, beaucoup se reconnaîtront dans ces quelques lignes ; bien plus facile à dire, qu’à gérer. Et la grossesse dans tout ça ? Choix cornélien à réaliser. Car oui, ce n’est pas toujours simple et derrière chaque sportive, se cache une femme, des envies, des rêves… Et vos enfants messieurs.

Et que dire de la taille d’une joueuse ? Elle est petite, elle est grande ? Ok, ce n’est qu’un chiffre. Regardez plutôt les performances. Elle est musclée ? Elle saute haut ? Elle va vite ? Respectez et applaudissez le travail de l’ombre réalisé… Et puis c’est ce que vous vouliez non ? Du spectaculaire !  

Les critiques sont faciles

Stéréotyper et critiquer est facile, mais vous, que faites-vous ? Et si c’était votre fille ? Votre amie ou petite amie ? Quelle serait votre réaction ? Chaque basketteuse se bat au quotidien pour son sport, son équipe, mais également pour représenter les femmes dans la société à travers leurs performances et limiter tous stéréotypes.

On parle souvent de sous-médiatisation, mais lorsqu’on parle « basket au féminin » : c’est souvent par le biais de stéréotypes. C’est pourquoi, Christophe Lemaire, un journaliste spécialisé dans le sport féminin a plutôt préféré utiliser le terme « mauvaise médiatisation » plutôt que « sous-médiatisation ». Et vous, qu’en pensez-vous ? 

Alors au lieu de montrer le « bêtisier » dans l’émission Buzzer de RMC, pensons plutôt à réfléchir comment vaincre ces stéréotypes en médiatisant correctement la discipline. Pour elles, pour nous et pour les prochaines générations… Pour ne plus jamais être Or-jeu !

À vos réflexions…

Restez connectés. Pour ne plus jamais être Or-jeu !

Une question ? Contactez-nous !

Merci à Zoé Lemoine #bandeorganisee

5 Commentaires
  1. LA BASKETTEUSE, C’EST L’ÉMOTION
    Les stéréotypes sont souvent dus à l’ignorance et la méconnaissance…
    Perso, le sport féminin, le basket en particulier, me renvoie un lot d’émotions extrêmement fort : la force que, les femmes en général, les basketteuses en particulier, puisent depuis l’enfance pour exister, prouver, continuer, et qu’elles restituent sur le terrain, c’est juste extraordinaire.
    Plus enclin à la bienveillance de l’effet mère, qui sécurise, rassure, construit et accompagne la jeune sportive, la basketteuse n’a rien d’éphémère : elle donnera toujours, tout le temps, le meilleur d’elle-même, en se surpassant, quelque-soit sa taille, sa « dégaine », son humeur… Toute femme, toute basketteuse mérite le respect.
    Le seul reproche que je fais au basket féminin, devant le spectacle que les joueuses offrent le Samedi… c’est qu’il faille attendre une semaine avant de vibrer à nouveau avec elles et m’apporter ce lot d’émotions qui n’a pas d’équivalent. Et c’est très long. 🙂
    (PS: pas démago puisque abonné à un club féminin distant de 300 kms depuis 3 ans pour suivre une joueuse hors du commun.)
    Merci Marion et Gaëlle pour la richesse de vos sujets.

    1. Wahou… Merci pour ce partage d’expériences ! Fière de lire ça et j’espère que le basket vous permettra de vivre encore de très belles émotions.

  2. Bel article, tiens bien écris, bravo, continuez.
    Les vibrations du samedi soir m’ont beaucoup manqué durant cette longue interruption. Hate d’être au 19 pour les retrouver !

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