Basketteuse et sponsoring : visibilité ou rentabilité ?

Basketteuse et sponsoring : deux mots qui s’opposaient quelques années. Aujourd’hui, une joueuse professionnelle a la possibilité de profiter de son image au-delà des terrains. En effet, les entreprises aiment de plus en plus s’identifier à des basketteuses professionnelles. Elles deviennent de véritables « influenceuses » jouant de leur notoriété sur les réseaux pour véhiculer des valeurs. Comment expliquer cette évolution ? La joueuse est-elle réellement l’intérêt de la marque ou un simple outil publicitaire ? Est-ce que la démocratisation du sponsoring prouve que le basket au féminin se développe ?

Afin de réfléchir sur cette thématique, nous sommes parties à la rencontre de Laëtitia Guapo, joueuse du Tango Bourges basket et internationale joueuse de 3×3. Elle est notamment suivie par QuanSports pour sa gestion de l’image. Basketteuse et sponsoring : visibilité ou rentabilité ?

De nombreuses joueuses professionnelles sont sponsorisées par un équipementier. Comment expliques-tu cette volonté des marques de s’inscrire dans le basket féminin ? Effet de mode ou réel intérêt ?

Je ne pense réellement pas que ce soit un effet de mode mais tout simplement un processus qui se met en place pour rejoindre la gestion d’image d’un sportif masculin. De plus en plus de basketteuses sont sponsorisées par des équipementiers et mettent leur image en jeu afin que certes, cet équipementier en question se donne une image moderne et dynamique. Mais c’est aussi parce que le sport féminin se voit dynamisé, mis en lumière et apprécié par le public. Forcément la marque cherche à utiliser l’athlète féminine comme vitrine de ses produits. Les réseaux sociaux sont aujourd’hui incontournables pour les sportifs mais également pour les enfants, les adolescentes ou les jeunes femmes ayant besoin de repères et de « motivations » en cherchant des « modèles à suivre ».

Est-ce qu’être une joueuse professionnelle est suffisant pour bénéficier de nouveaux partenariats ? Aujourd’hui, nous le savons très bien, le nombre d’abonnés est une des principales données pour les entreprises. Trouves-tu normal de devoir « travailler » ton image pour être remarquée par les sponsors ?

Non, être une joueuse professionnelle ne suffit pas pour bénéficier de partenariats. Les marques demandent des contreparties comme être une vitrine de leur marque et ils doivent en sortir gagnants, donc forcément le nombre d’abonnés et de personnes susceptibles d’être touchées leur importe énormément.
C’est vrai qu’il est dommage de devoir travailler son image pour pouvoir potentiellement intéresser une marque. Pour moi, cela devrait plus révéler une histoire et des partenariats qui ont du sens (lien entre marque et athlète). Néanmoins, si cela m’est cher ce n’est peut-être et surement pas le cas pour tout le monde !

N’as-tu pas l’impression d’être seulement un outil publicitaire ?

Non, vraiment pas. Dans les partenariats que je signe je ne suis pas seulement une vitrine mais une véritable actrice. Cela dépend de mes partenariats mais au travers de ces derniers je m’implique à 100 % afin de diversifier mes « missions » envers la marque. Mes missions peuvent être de partager mon aventure, ma vie, mes habitudes, réaliser des défis, proposer des routines/conseils à la communauté de l’entreprise et ma propre communauté. De plus, si je m’engage avec une marque c’est que forcément je l’aime beaucoup et que j’adore ses produits donc je suis heureuse de pouvoir en profiter en contrepartie.

Est-ce que la démocratisation du sponsoring prouve que le basket au féminin se développe ? Le business est-il plus important que les valeurs transmises ?

Bien sûr ! le basket féminin se démocratise, prend de la valeur et se développe. Le business n’est pas plus important que les valeurs transmises (pour moi en tout cas, cela dépend peut-être de chacun), c’est pourquoi je parle de sens et de lien. Pour ma part, j’aime maitriser l’image que je vais véhiculer avec des partenariats qui ont les mêmes valeurs que moi. Après, forcément une entreprise parle business mais ceci est un fait de société…

Outre l’aspect financier, quels sont pour toi tes intérêts de rejoindre une entreprise ?

L’histoire que je vais construire avec cette entreprise, l’expérience commune que nous allons partager. C’est d’ailleurs pour cette raison que je ne signe pas de partenariat avec des marques qui ne me correspondent pas et qui n’ont aucun lien avec moi et mon histoire personnelle.

Questions décalées :

Qualité ou quantité de partenariat ?

QUALITÉ !  C’est ce que je prône en tous cas et que j’essaie de réaliser au travers de partenariats qui me font sens et ont de véritables liens avec ma vie, mon histoire, mes valeurs.

Visibilité ou reconnaissance ?

Visibilité. Un partenariat n’est pas la pour prouver la joueuse de basket que je suis mais plutôt pour mettre en avant mon image. Au travers de cette gestion d’image justement, il ne faut pas se perdre et oublier ce que l’on fait à la base et qui l’on est.

Merci à Laëtitia d’avoir abordé avec nous la question du sponsoring dans le basket au féminin. La démocratisation de notre discipline évolue au rythme de la société et le digital est un des domaines permettant de faire rayonner des valeurs, des principes. Aujourd’hui, le basket féminin intéresse aussi bien sur le terrain qu’en dehors. Et si le sponsoring était une opportunité de faire vivre le basket féminin au-delà de son cadre préétabli ? Des terrains à l’image véhiculée, basketteuse et sponsoring s’accordent maintenant au plus grand nombre… Pour ne plus jamais être Or-jeu !

Et vous, que pensez-vous d’une joueuse sponsorisée par une marque ? Êtes-vous plus sensible à son discours ? 

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