Deux pour une passion commune

Depuis toujours les jumeaux fascinent la société, être deux est une force pour certains, pour d’autres cela fait peur. Être jumelle c’est forcément tout partager au quotidien, être dans la même classe, avoir les mêmes ami(e)s…Quel que soit l’avis, ces duos interrogent sur et en dehors des terrains. Parce que oui, les jumeaux sont une minorité en France. En 2018, on compte 715 159 naissances pour 12 146 naissances de jumeaux (soit 1,7% des accouchements).  Alors forcément, quand on en croise autour de la balle orange, obligatoirement ces mots reviennent « C’est vrai que vous savez ce que l’autre pense quand vous jouez ensemble ? », « Vous avez déjà échangé vos maillots en plein match ? », « Qui est la plus forte ? », et tant d’autres questions…

Et si, le basket était l’exemple même pour prouver qu’être deux n’est pas forcément ne former qu’une ?

Au cœur de l’Alsace, Cécile et Louise Dambach sont sœurs jumelles. Ces deux natives de la région sont passionnées par la balle orange mais n’ont jamais joué ensemble en seniors. Zoom sur une relation pas comme les autres… Parce que oui, elles sont deux pour une passion commune avec chacune, leur propre histoire !

En bref, Cécile et Louise c’est :

15km d’écart entre les deux clubs.

1 niveau de championnat d’écart (NF1 et LF2)

2 numéros de match (6 et 9).

Au cœur d’une relation pas comme les autres, Or-jeu est parti à la rencontre d’un duo aux valeurs communes mais où les équipes s’opposent. Entre choix, connexion, concurrence et émancipation : dans l’intimité de Cécile et Louise Dambach.

Est-ce un choix de ne pas jouer ensemble ? Avez-vous pris l’habitude ou est-ce que ça vous manque ?

Cécile : Le fait de ne pas jouer ensemble n’a pas forcément été un choix mais cela s’est inscrit dans notre évolution individuelle sur le terrain. La séparation s’est faite naturellement lorsque Louise a eu l’opportunité d’intégrer l’équipe de LF2 et pour ma part j’ai continué à jouer en équipe 2 à la SIG. Mon choix de rejoindre Geispolsheim en NF1 n’a pas non plus été problématique dans notre relation et la décision n’a pas forcément été une surprise pour elle non plus. Elle a été l’une des seules à connaître mon choix et à me donner son avis sur la question avant même de l’annoncer aux 2 clubs. Cependant le fait de ne pas jouer ensemble n’a jamais posé problème, l’important étant que chacune parvienne à s’épanouir dans son équipe et évoluer selon ses propres capacités.

Nous avons eu la chance de jouer de nombreux matchs ensemble, notamment au travers des sélections départementales et régionales, voir même des stages de préparation en équipe de France jeunes. Je dirais donc qu’une fois le passage en catégorie seniors, voir même l’année précédente, nous avons pris l’habitude de ne plus jouer ensemble.

Pour ma part, jouer avec elle m’assurait d’avoir quelqu’un dans l’équipe qui avait a même hargne que moi sur le terrain avec une envie de gagner toujours présente. Il était facile de se dire les choses de manière franche, sans filtre pour gagner, c’est peut-être ce qui me manque le plus. Quand on ne s’adresse pas à sa sœur il faut parfois mettre davantage les formes dans les dialogues avec ses coéquipières.

Louise : Comme Cécile le dit cela s’est fait selon des opportunités que chacune a saisi tout en en discutant toujours ensemble. Nous nous doutions qu’un jour nous serions amenées à jouer dans des équipes différentes et quand Cécile a décidé de quitter la SIG nous en avons discuté pour simplement qu’elle ait un autre avis sur ce que pourrait lui apporter ce changement.

Jouer ensemble c’est vrai que c’est beaucoup plus facile quand on connaît ses coéquipières sur le bout des doigts, c’est le cas pour nous et ce que permettait de nous rassembler quoi qu’il arrive c’est le fait qu’on déteste plus que tout perdre, donc forcément nous mettions tout en œuvre ensemble pour faire gagner l’équipe. Quand le groupe avait un coup de mou, rien qu’en se regardant on savait qu’il fallait remettre cette hargne dont Cécile parle, comme c’est en nous à deux c’est toujours plus facile d’emmener un groupe que seule.

La question que tout le monde attend alors je vous la pose : Est-ce que vous aviez une connexion spécifique sur le terrain ?

Cécile : Connexion spécifique peut être mais surtout on se connait très bien et savoir comment joue l’autre et ce qu’elle est capable de faire. Il nous en faut aussi peu pour comprendre les réactions l’une de l’autre, même aujourd’hui lorsque l’on à l’occasion d’aller s’encourager l’une ou l’autre.

Louise : Je ne dirais pas une connexion spécifique mais on se comprend, à mon avis, bien plus facilement que certaines autres personnes. Comme dans la vie de tous les jours on est souvent ensemble et on se connaît parfaitement ça aide forcément sur le terrain.

Aujourd’hui, le fait de ne pas jouer au même niveau est-ce plus facile à gérer ? (Concurrence, comparaison, pour vous mais aussi pour les coachs)

Cécile : La comparaison est inévitable, même en jouant à un niveau différent. Je pense qu’avec le temps on s’habitue à ne plus forcément s’attarder sur les remarques des uns ou des autres. La concurrence, n’est présente que lors de nos confrontations en championnat ou en coupe, car chacune voulait que son équipe gagne sinon entre nous on espère toujours que l’autre réalise la meilleure prestation possible sur le terrain.

Je pense que les coaches qui nous ont côtoyé toutes les deux savent que nous avons des qualités différentes et que nous n’avons pas forcément la même manière de jouer, ce qui ne les a pas conduit directement à nous comparer.

Louise : Forcément il y a des comparaisons, jumelles ou non d’ailleurs je pense que c’est le cas dans toutes les fratries où on retrouve une activité commune. Ceux qui nous connaissent depuis longtemps ne font même plus de remarques car ils se sont rendu compte par eux-mêmes que nous étions très différentes malgré un caractère fort chez chacune.

Même en jouant au même niveau, l’objectif était toujours que chacune soit la meilleure possible pour que l’équipe gagne, du coup quand l’une voit l’autre jouer forcément à la fin du match il y a analyse détaillée de tout.

Est-ce un avantage de ne pas jouer ensemble ?

Cécile : C’est un avantage dans le sens ou chacune de nous arrive à s’épanouir dans son club et dans son équipe alors qu’en ne voulant que jouer ensemble cela fermerait peut-être des portes à l’une ou l’autre. Nous avons chacune un rôle dans notre équipe et mon coach veut me faire travailler pour ma progression personnelle mais également pour apporter davantage à l’équipe mais en aucun cas pour ressembler à Louise.

Louise : Je pense qu’avec nos caractères et nos spécificités sur le terrain c’est quasiment impossible de nous considérer comme un « pack », d’ailleurs aucun de nos entraineurs communs n’a tenté ça. Je pense que si cela avait été le cas Cécile comme moi ne l’aurions pas bien pris.

Est-ce que c’était important pour vous de vous émanciper de l’autre ? De vivre vos propres expériences sans l’autre ? Vos propres ami(e)s ?

Cécile : Notre relation est toujours très bien, nous partageons des points communs qui nous ont permis de partager de nombreux moments notamment sur les terrains de basket et donc d’avoir de nombreux amis communs. Cependant, nos choix professionnels nous on fait découvrir de nouvelles personnes individuellement et c’est aussi important pour chacune de nous.

Louise : C’est vrai que maintenant qu’on est dans deux clubs différents nous avons des connaissances et amitiés avec des personnes différentes, de même dans le domaine professionnel. Pour autant nos amis de longue date sont similaires puisque c’est des relations qui se sont construites durant notre scolarité.

Il y a deux ans vous étiez dans la même poule comment avez-vous vécu le faite d’être adversaire ?

Cécile : En réalité on a été adversaires sur les confrontations directes, sinon il est évident que j’avais une préférence pour la voir gagner elle plutôt qu’une autre équipe de la poule. Après sur le terrain, elle restait une adversaire et il fallait faire du mieux possible pour gagner.

Louise : Comme Cécile l’a dit nous n’étions adversaires que deux fois dans la saison, les objectifs n’étaient pas les mêmes dans les deux clubs donc la concurrence durant l’année n’était pas entre nous. En fait, c’est monnaie courante de jouer l’une contre l’autre sauf que cette fois-ci c’était des matchs de championnat alors que d’habitude nous nous affrontons en match de préparation.

Pensez-vous que les gens aimeraient que vous rejouiez ensemble ? Et vous, aimeriez-vous rejouer ensemble ?

Cécile : Peut-être que les gens qui nous ont vu évolué ensemble plus jeunes aimerait nous voir rejouer ensemble car ils nous connaissent toutes les deux.

Rejouer ensemble, pourquoi pas, à condition que nous arrivions toutes les 2 à nous épanouir dans le projet en question.

Louise : Je pense que certaines personnes aimeraient beaucoup nous revoir ensemble sur le terrain (notamment notre papa pour qui ça serait plus simple de supporter une seule équipe) mais avec nos deux caractères et le rôle que chacune à dans son équipe maintenant il faudrait que chacune mette un peu d’eau dans son vin. Pour autant cela peut-être cool de temps en temps.

Cap ou pas cap :

Se faire passer pour l’autre lors d’un match ?

Cécile : Impossible pour nous, Louise étant gauchère et moi droitière, le naturel reviendrait trop vite au galop et il sera facile de se rendre compte du changement.

Louise : Je pense que si on tient 30 secondes cela serait un exploit au vu de nos nombreuses différences !

Laisser marquer sa sœur lors d’un match, juste parce que c’est elle ?

Cécile : Impossible !

Louise : Hors de question !

Question décalée :

Les années où vous jouiez ensemble ou celles d’aujourd’hui ?

Cécile : C’est une vision différente, c’était vraiment de belles années qu’on a pu partager ensemble mais aujourd’hui je suis dans un club ou je me retrouve très bien dans l’équipe. J’ai la confiance des dirigeants et je sais que le coach compte sur moi dans son projet collectif et pour cette raison je dirais aujourd’hui.

Louise : Je pense qu’on a beaucoup de souvenirs forts ensemble notamment en sélection mais pour autant j’ai vécu beaucoup de bons moments à la SIG et notamment la remontée en LF2.

 

Fière d’être rentrée dans l’intimité de Louise et Cécile sur un sujet qui me touche particulièrement. Si, pour beaucoup les jumeaux sont inséparables, à travers elles, le constat est différent. Au cœur d’un monde doublé, elles ont chacune trouvé leur liberté de briller par leurs qualités. 

 

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