À l’unisson

Quand un problème en soulève un autre…

Et si la santé révélait d’autres problématiques au grand jour ? Comment expliquer que le protocole sanitaire soit différent selon le sexe du joueur pour un niveau de jeu similaire ? Boycotter est donc la seule solution pour se faire entendre ? Entre santé, basket et (in)égalité, plongez au cœur d’un fait d’actualité… qui malheureusement reflète la réalité.

Il y a deux jours, la saison 2020 – 2021 devait commencer à l’Accor Hotel Arena (anciennement Bercy) avec la finale de la Coupe de France de l’année dernière opposant LDLC ASVEL féminin et les Tangos Bourges basket. Pas moins de 2 500 spectateurs étaient attendus à Paris pour l’occasion. Si l’enjeu pouvait être à la hauteur des attentes des supporters, des médias, mais également du basket féminin, la réalité repris le pas sur le sportif. En effet, quatre joueuses sont positives au coronavirus (trois du côté des berruyères et une du côté lyonnais). Au courant de la situation depuis mercredi, la fédération ainsi que la ministre des Sports (Roxanne Maracineanu) souhaitaient que la rencontre s’effectue. « J’ai tout fait pour que cette saison redémarre, c’est très difficile ce qui a été décidé aujourd’hui.» Jean-Pierre Siutat. Comment en vouloir à notre président ? Bien sûr c’est une fête du basket féminin ratée, un moment que beaucoup attendait après des mois d’interruptions. Mais si, nous regardions plus loin que l’événement…

Dans ce cas, c’est main dans la main que les joueuses ont prouvé qu’ensemble elles pouvaient aller contre une décision fédérale et être libre d’agir selon leurs âmes et consciences. Et si c’était ça, le véritable fait de ce boycott, s’unir pour des valeurs communes. Défendre bien plus que son ego, voir au-delà de la santé, de l’enjeu basket en plaçant le statut de femme au cœur de tout. C’est mettre en lumière un risque sanitaire lié à un enjeu sociétal continuant d’exister aux yeux de tous. Alors oui, vendredi c’était sans doute trop pour elles, oui trop difficile de ne pas être considéré comme leurs homologues masculins. En effet, la réglementation n’est pas la même entre joueuses et joueurs : dès que trois cas sont avérés dans une même équipe masculine professionnelle, le match est reporté. Pour les féminines, c’est à partir de quatre cas, que ce dernier peut être reporté. Nous pouvons ajouter à cela, que certains matchs masculins ont été annulés ou reportés pour un cas unique dans une équipe.

Alors oui bien sûr, le basket féminin « loupe » l’occasion d’être médiatisé. En effet, Sport en France aurait été le diffuseur de la rencontre sur sa plateforme. Mais l’enjeu n’est-il pas ailleurs ? À leur place, préfériez-vous être médiatisé ou entendu ? En sécurité ou titré ?

Si aujourd’hui, seulement deux équipes finalistes sont au cœur de cette polémique, la situation actuelle est la même pour toutes : aussi bien du côté professionnel, qu’amateur. La crise sanitaire liée au virus Covid19 engendre un manque de communication entre les clubs, les mesures, mais aussi concernant les reports des matchs. Comment anticiper des cas de coronavirus ? Comment se justifier lorsque les résultats des tests ne sont pas rendus ? Comment reporter des matchs en pleine semaine pour des équipes où les joueuses ne sont pas professionnelles ? Parce que oui, pour la plupart, le basket est une discipline amateur où le temps pris est en dehors des heures de travail.

Et si cette situation était finalement un mal pour un bien ? Pouvons-nous espérer que cet exemple serve de leçon pour le futur ? De plus, rappelons que ce match se jouait en retard avec des équipes composées de nouvelles joueuses ne devant normalement pas disputer la rencontre… Entre légitimité, crise sanitaire, (in)égalité, l’un dans l’autre ce report est-il plus juste ? À l’unisson, c’est main dans la main que nous y arriverons… pour ne plus jamais être Or-jeu.

En attendant, prenez soin de vous et de vos proches. Le basket c’est bien, la santé c’est mieux.

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3 Commentaires
  1. Les 2 équipes ont fait preuve de courage et de lucidité. Les enjeux financiers paraissaient plus importants que les enjeux sanitaires. Manque de courage des instances sportives et politiques. C’est la honte
    Felicitations les filles d’avoir pris en commun cette décision. C’était la meilleure. Espérons qu’elles ne soient pas pénalisées par des sanctions.

  2. 1946: le principe d’égalité des droits entre hommes et femmes est posé dans le préambule de la Constitution. 2020 : le principe d’égalité ? « Chacun fait, fait…c’qui lui plaît, plaît  » ?
    Les joueuses ont pris leur destin en main puisque qu’on les a poussé dans leurs retranchements. Inéluctable, cette décision collégiale, seule issue aux errements des instances. Bravo aux joueuses et à l’encadrement, tout le monde a tiré dans le même panier…
    Alors, le jeu reprendra avec des garanties qui ne laissent pas de place au OR-JEU, assez logique puisque son anagramme est JOUER… Et on a hâte de retrouver tout le monde en pleine santé

  3. Bravo au deux équipes dommage pour nous supporter mais sage décision 👍
    A bientôt à mado

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